• La stratégie Ender de Gavin Hood (6 Novembre 2013)

    (Très très mauvaise Bande Annonce absolument pas représentative du film)

     

    Ce film de science fiction est une adaptation du premier tome du « Cycle Ender » composé de plusieurs ouvrages. Orson Scott Card a publié au milieu des années 80 cette saga et la créa de paire avec un autre cycle, de plusieurs ouvrages également, le « Cycle de l’ombre ». Le Cycle Ender expose une histoire de SF du point de vue d’un jeune homme nommé Ender Wiggin et le Cycle de l’ombre raconte cette même histoire du point de vue du bras droit d’Ender, Bean.

    En ce qui concerne le film La stratégie Ender il me semble qu’il faut aller le voir vierge de connaissance sur les romans d’Orson Scott Card. Ce roman, et cette saga, semble très complexe et plein de subtilité or cela pourrait nuire au film qui, lui, est clairement dirigé pour tous les publics.

    Mais avant tout un rapide résumé de l’histoire. Nous sommes plongés dans un univers futuriste qui se trouve être en guerre « froide » avec des extraterrestres, les Doryphores. Cette espèce semble menacer les humains puisque cinquante ans plus tôt une bataille avait éclaté contre cet ennemi imprévisible. Depuis les humains ont créent une école militaire recensant des enfants (après une batterie de tests sur leurs capacités physiques et intellectuelles) pour qu’ils s’entrainent à créer des stratégies toutes autant imprévisibles que celles des Doryphores. Ainsi nous rencontrons l’un d’eux, Ender Wiggin, qui semble être le plus prometteur de tous ces enfants. Du haut de ses quinze ans le jeune Ender va avoir pour objectif d’exterminer toute une espèce. (Dans le livre on suit Ender sur six ans, de ses six ans à ses douze ans, impossible pour la réalisation du film).

    On ne ressort pas indemne de ce film si on a un minimum de morale. Il est poignant pour son scénario très original mais surtout par sa mise en scène « réaliste ». Bien que dans un contexte totalement futuriste les liens familiaux et hiérarchiques qu’on y trouve sont très bien retranscrits. C’est d’ailleurs pour ces raisons qu’on s’attache rapidement à Ender, bien qu’au premier abord le jeune Asa Butterfield (interprète d’Ender) ne semble pas avoir la carrure pour assumer un personnage aussi complexe. On devrait pouvoir comprendre la difficulté du passé d’Ender à travers le jeu d’Asa mais cela passe difficilement hors dialogues. L’acteur est malheureusement trop lisse pour un rôle aussi dramatique (alors qu’il était parfait dans Hugo Cabret de Scorsese). Cependant grâce aux échanges entre Ender et sa famille on comprend aisément la difficulté de sa tâche et de sa situation (Ender n’a été conçu que pour réussir là où son frère et sa sœur ont échoué). La société dans laquelle il évolue a visiblement des codes très surprenant tel que la limite à deux enfants par famille (lui étant le fruit d’une dérogation pour passer ces tests à l’école militaire).

    Dans ce scénario on nage en pleine science-fiction mais en y regardant de plus près on pourrait presque y entrevoir un soupçon d’anticipation. Notons, la limite d’enfants par famille cela ne rappelle-t-il à personne quelque chose dans notre monde ? Notons également l’envoie d’enfants dans des internats, des écoles, où ils sont livrés à eux même et dont même les enseignants  se détournent d’eux ? Dans le film Ender à beau être un miracle tactique, le fameux Colonel Graff (interprété par Harrison Ford) n’en a que faire de la vie du jeune homme et de sa santé morale. On manipule des enfants en leur « lobotomisant » le cerveau, les persuadant d’idées fausses (comme l’hostilité des Doryphores). Mais dans notre système scolaire certains enfants évoluent avec des enseignants partageant grandement leurs idées politiques cela n’est-il pas du même goût dans l’idée de manipulation ? Ou encore comment expliquer la disparition de la sociologie dans les programmes des Bac ES pourquoi tout limiter à l’économie d’entreprise à votre avis ? (note personnelle à peine exagérée).

    Mais retournons plus près de notre sujet. Ce film est clairement une réussite esthétique et technique de par les effets spéciaux pas trop présent mais suffisamment impressionnant pour comprendre que la mission de ces jeunes n’est pas aisée. On notera des scènes de pures divertissements comme les entrainements des jeunes dans une bulle sans gravité où ils doivent s’affronter en équipe et inventer des stratégies pour gagner. Et des scènes bien plus sérieuses et morales comme les passages de conversation entre le Colonel Graff et le commandent Gwen Anderson où chacun va donner son avis sur les jeunes de l’école et la façon dont il faudrait les traiter.

    En définitif, le réalisateur Gavin Hood connu pour son X-men Origins : Wolverine  va plus loin dans sa direction d’acteur et va rendre l’œuvre d’Orson Scott Card compréhensive pour tous. Là où ce film semble particulièrement intéressant c’est qu’il colporte des idéologies assez atroce mais que les jeux d’acteurs et l’esthétique choisit du film permet d’en prendre conscience sans pour autant en être totalement agressé. La touche ironique du film c’est que les jeux vidéos sont à l’honneur car ce sont des enfants baignés dans cette culture qui sont choisit ; que Ender lui-même va jouer à un jeu « Fantasy » qui lui permettra de comprendre les Doryphores ; et que le final grandiose, la dernière bataille, est réalisée comme une plateforme de jeux vidéos (ce qui perturbera d’ailleurs nettement Ender du point de vue de la manipulation). C’est donc un très bon divertissement tout public mais qui ne reste pas vide de sens et esthétiquement nous fait part d’une très belle synthèse.

    Je m’excuse d’avance si certaines idées ne sont pas véridique dans le livre je ne l’ai pas encore lu. Je ferais probablement un autre article après lecture du livre pour davantage d’informations comparatives.


  • Commentaires

    1
    Mercredi 20 Novembre 2013 à 18:29

    J'attends donc avec impatience tes impressions après la lecture du livre.  De mes souvenirs, une bonne semaine m'avait été nécessaire pour me remettre de cette lecture, idem pour "La stratégie de l'ombre" qui est mon livre préféré de cet auteur. Orson Scott Card a une façon bien à lui de mettre les choses en place. Il y a une ambiance très particulière dans ses écrits, or du peu que j'ai vu dans la bande annonce, rien ne me donne envie d'aller voir le film, alors qu'en son temps, le livre m'avait chamboullé. Peut-être serait-ce l'occasion de le relire aussi, histoire de me rafraîchir la mémoire. Mais de toute façon, c'est toujours le même problème, lorsqu'un film est tiré d'un livre, les lecteurs de la première heure sont forcément d'une exigence assez redoutable. ^^

    2
    Mercredi 20 Novembre 2013 à 19:05

    Oui je me doute bien mais ça serai quand même intéréssant d'avoir ton avis sur le film pour voir si tu retrouves des éléments du livre ou si au contraire tout manque =)

    3
    Vendredi 22 Novembre 2013 à 20:32

    Arf... Je me tâte.

    4
    Vendredi 22 Novembre 2013 à 22:17

    Au pire ça te rappelle que le livre est mieux et tu le relis comme prévu, ou alors ça te laisse une chance d'apprécier le film comme un bon résumé du livre  ^^

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    5
    .
    Samedi 23 Novembre 2013 à 17:08

    C'est bien que tu t'y sois remis. 

    6
    Mercredi 27 Novembre 2013 à 17:14
    merci Rom.
    7
    Mardi 20 Mai 2014 à 16:00

    J'adore votre blog ! bonne continuation :)

    8
    Jeudi 22 Mai 2014 à 08:44

    merci beaucoup, au passage je m'excuse de mettre si peu régulièrement d'article je n'est pas autant de temps que je le souhaiterais mais je fait de mon mieux =)

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